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Votre épargne est-elle immunisée contre le coronavirus ?

La vie est de plus en plus chère : nous le remarquons tous les jours à la caisse du supermarché, à la pompe et lorsque nous payons notre facture d’énergie. Mais comment se fait-il que les prix aient récemment augmenté de façon aussi spectaculaire ? Et pouvons-nous faire quelque chose pour préserver notre épargne ? Nous avons demandé à l’économiste Geert Noels de l’entreprise de gestion d’actifs Econopolis ainsi qu’à Bart Abeloos, expert en investissement Crelan, de nous éclairer.

Dans leur living, un homme et une femme épluchent le ticket de caisse des courses qu’ils viennent de déposer sur la table. L’inflation aura-t-elle des conséquences sur notre épargne ?

Le mois dernier, l’inflation a atteint 2,86%. Ce qui signifie que la vie coûte actuellement 2,86% plus cher qu’il y a un an. Avec également quelques valeurs aberrantes au tableau. Par exemple, le prix du pétrole qui a grimpé de 20%, les matériaux de construction comme l’acier qui affiche + 43% ou même le café qui a augmenté de moitié. Sans oublier les prix de l’énergie qui sont très préoccupants : ils accusent déjà une hausse de 19% et le prix du gaz naturel continue à monter en flèche alors que l’hiver est à nos portes. Une nouvelle positive néanmoins : les prix des produits alimentaires, comme les produits laitiers et la viande, ont diminué.

Nous sommes face à de fortes augmentations de prix. Est-ce une coïncidence si celles-ci surviennent au moment où nous sortons la tête de l’eau, maintenant que la pandémie touche – du moins nous l’espérons – à sa fin ?

GEERT NOELS: « On peut certainement parler d’un ‘effet de réouverture’. Vous pouvez comparer l’économie au trafic : le redémarrage provoque des embouteillages en accordéon. L’économie se remet en route mais de façon intermittente, par à-coups. Nous avons déjà été confrontés à de nombreux problèmes dans les chaînes logistiques. Rappelez-vous le blocage du canal de Suez. Tout cela entraîne des coûts et des prix supérieurs. »

« Cela dit, cet ‘effet de réouverture’ n’est qu’une partie de l’explication. Car aujourd’hui, nous assistons également à une hausse des prix de l’énergie. Ce qui sera malheureusement un phénomène permanent. Jamais plus nous ne connaîtrons des prix aussi bas que l’année dernière où nous avons même pu noter des prix d’énergie temporairement négatifs. Les énergies renouvelables vont selon toute vraisemblance faire augmenter les prix au cours des prochaines décennies. L’énergie devient donc un facteur important à prendre en compte pour les familles. Si nous voulons payer moins, il faudra passer par un changement de comportement, c’est-à-dire consommer moins. »

Cette hausse des prix n’est donc pas nécessairement un phénomène temporaire ?

BART ABELOOS: « Deux points de vue s’opposent sur cette question. Il y a d’une part la conviction que l’augmentation des prix n’est qu’un phénomène temporaire provoqué par la reprise économique. Dans ce cas de figure, on estime qu’une fois que l’économie aura atteint une vitesse de croisière, tous les effets disparaîtront. L’ennui, c’est que cette thèse est principalement soutenue par les banques centrales. Et ce sont justement elles qui pourraient agir sur l’inflation, par exemple en augmentant les taux d’intérêt. Mais c’est un espoir vain : les banques centrales n’interviendront pas. »

« Le second point de vue, partagé par un certain nombre d’économistes, consiste à dire que l’augmentation des prix est un problème structurel. Les perturbations dans les chaînes de production et d’approvisionnement ne peuvent pas être résolues du jour au lendemain. Prenons l’exemple de la vaste pénurie de semi-conducteurs dans l’industrie automobile : le redémarrage d’une nouvelle ligne de production avec ces puces prend au minimum six mois. Les augmentations de prix vont donc persister pendant un bon moment. »

Il y a toujours eu de l’inflation. Pourquoi pose-t-elle un problème aujourd’hui ?

GEERT NOELS:  « Au cours des dernières décennies, nous avons connu une inflation dormante, de faible niveau. Aujourd’hui, nous sentons ses effets dans notre poche. Sans oublier que l’inflation n’est pas la ‘même’ pour tous : certaines populations, plus fragiles, sont proportionnellement plus touchées par la hausse des prix de l’énergie. Deux millions de Belges déjà ont recours à une aide pour payer leur facture énergétique. »

« Nous assistons également à une inflation importante sur le marché de l’immobilier : les logements sont de plus en plus chers. Ce phénomène touche principalement les jeunes qui éprouvent des difficultés à s’acheter leur propre habitation.

« Enfin, l’épargnant aussi est touché. Avant, nous pouvions compter sur un taux d’intérêt élevé sur nos comptes d’épargne et celui-ci compensait les pertes causées par l’inflation. Aujourd’hui, les intérêts sur l’épargne ont pratiquement disparu. Avec, pour conséquence, une baisse de notre pouvoir d’achat. »

L’inflation agit donc directement sur notre pouvoir d’achat. Que pouvons-nous faire en tant qu’épargnant ?

BART ABELOOS: « Une chose est sûre : ne ‘rien faire’ est une option qui coûte cher. Si vous laissez l’inflation actuelle affecter votre épargne, votre pouvoir d’achat aura baissé d’un tiers d’ici 2031. Par exemple, si vous avez 10.000 € sur votre compte d’épargne, ils ne vaudront plus que 6.700 € dans 10 ans. C’est vicieux : vous aurez toujours 10.000 € sur votre compte, mais vous pourrez acheter nettement moins avec ce montant. »

Alors, que pouvons-nous faire ?

BART ABELOOS: « C’est simple : il faut faire travailler son argent. L’une des options est de contracter un prêt. C’est intéressant quand les taux d’intérêt sont aussi bas. D’autant plus que l’inflation se chargera de pondérer le poids du prêt. Le moment est donc bien choisi pour réaliser un projet : rénover la maison ou améliorer son efficacité énergétique par exemple. »

« L’autre option, c’est d’investir. Dans ce cas, vous prêtez de l’argent à des entreprises qui peuvent l’utiliser de façon productive en développant de nouveaux produits ou en s’ouvrant à de nouveaux marchés. De cette façon, vous devenez copropriétaire de l’entreprise avec une contrepartie intéressante à la clé. Vous partagez les bénéfices et vous voyez votre capital augmenter au fur et à mesure que l’entreprise prend de la valeur. C’est la méthode idéale pour préserver votre pouvoir d’achat. »

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Disclaimer : Les informations contenues dans cette publication constituent un commentaire général sur la situation financière actuelle et ne doivent pas être considérées comme un conseil ou une recommandation concrète en matière de produits financiers.