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La pénurie de semi-conducteurs : une opportunité d’investissement ?

Si chaque crise représente une opportunité, est-ce également le cas pour la crise des semi-conducteurs qui touche l’industrie automobile ? Depuis plusieurs mois déjà, le secteur fait face à une pénurie aigue et la reprise est lente. Y a-t-il une lumière au bout du tunnel ou le marché doit-il s’adapter à une nouvelle réalité ?

Les temps sont durs pour l’industrie automobile. Une crise sanitaire sans précédent a d’abord frappé ses usines et aujourd’hui, les lignes de production du monde entier sont paralysées à cause de la pénurie de semi-conducteurs électroniques. Une crise inévitablement liée à celle du coronavirus.

L’effet boomerang de la crise

Pendant le confinement, les usines automobiles ont réduit leurs commandes de semi-conducteurs de façon drastique. Une étape logique. Mais, lorsque la demande de nouvelles voitures a refait son apparition, celle-ci a été plus forte et plus rapide que prévu. Et là, on s’est soudain aperçu que les carnets de commande des fabricants de semi-conducteurs avaient été remplis par le secteur de l’électronique. Suite à l’explosion du télétravail, ses entreprises devaient en effet répondre à une énorme demande en webcams, ordinateurs et écrans.

Les constructeurs automobiles se sont retrouvés le bec dans l’eau. Comme la demande dépassait largement l’offre, ils ont été poussés vers la salle d’attente. Et même si les usines de semi-conducteurs tournent à plein régime, le problème n’est pas pour autant résolu. Car un malheur arrive rarement seul. Suite à de nouvelles vagues de COVID-19, un certain nombre d’usines de semi-conducteurs en Asie sont à l’arrêt, tout comme certains de ports de Chine, mettant à mal la chaîne de transport. Cette situation nous mène à un douloureux constat : il y a trop peu d’acteurs dans le petit monde de la production de semi-conducteurs. Et il suffit dès lors de peu de chose pour se heurter au goulet d’étranglement.

Les constructeurs automobiles se sont retrouvés le bec dans l’eau

Les conséquences ? Der sévères retards, des casse-têtes logistiques, des augmentations de prix et une crise qui nous bloque depuis des mois. Les constructeurs automobiles n’ont pas beaucoup d’autre choix que de fermer provisoirement leurs usines. Car, pour la production d’une voiture moderne, les quelques douzaines de semi-conducteurs embarqués sont aussi importantes qu’un jeu de pneus. Véritable système nerveux du véhicule, ces composants sont essentiels à la sécurité, à la propulsion et à l’info-divertissement. C’est simple : sans semi-conducteurs, pas de chaîne de montage.

La crise serait-elle une source d’opportunités ?

Les prévisions ne sont pas roses. Cette année, la production automobile mondiale va connaître une baisse de 5 à 8 millions de voitures particulières. En raison de fermetures imprévues, certaines marques automobiles voient leur production reculer de 40% certains mois, ce qui va se répercuter dans les chiffres de vente et mettre les économies nationales sous pression. Suite à cette pénurie, l’Allemagne, avec son gigantesque secteur automobile, accuse actuellement l’une des croissances les plus lentes dans la zone euro. Un point positif cependant pour le secteur : les marges des marques automobiles ne vont pas nécessairement souffrir beaucoup. Si la demande reste suffisante, les marques pourront exploiter la crise pour abandonner leur politique de rabais.

Entretemps, la situation profite à l’industrie des semi-conducteurs dont l’avenir proche semble plus que prometteur : un excellent taux de croissance ces cinq dernières années, une demande explosive, une position de négociation très confortable et l’intérêt brûlant qu’elle suscite auprès d’acteurs extérieurs au secteur automobile, comme l’électronique. Sans oublier que son degré de spécialisation élevé lui permet de tenir les concurrents gênants à distance et que la voiture connectée de demain exigera encore plus de semi-conducteurs.

La situation profite à l’industrie des semi-conducteurs

Mais que se passerait-t-il si la pénurie persistait ? Ce scénario semble peu probable. Bien que les fabricants de semi-conducteurs doivent tenir compte de la pression sur le marché des matières premières, le nœud du problème réside dans la capacité de production. Ils prévoient de se développer et d’augmenter leur production, mais il s’agit là d’un travail de longue haleine. Une fois ce processus achevé, l’offre s’alignera à nouveau sur la demande.

Des voix optimistes en Asie, comme à Taïwan, prévoient une amélioration pour le quatrième trimestre de cette année. La tendance générale est cependant plus pessimiste. Les fabricants américains estiment que la pénurie ira encore en s’accentuant tout au long de 2021 et que le marché ne se redressera complètement que d’ici la fin de l’année prochaine.

C’est sur ce scénario également que les dirigeants du monde automobile se basent. Toutefois, grâce au regain d’intérêt pour ce marché et à la diminution progressive de la crise des semi-conducteurs, le secteur de l’automobile pourrait nous surprendre agréablement et répondre, dès le courant de l’année prochaine, aux attentes élevés des investisseurs.

L’inflation nous guette …

Quoi qu’il en soit, la crise des semi-conducteurs nous met face à un constat pénible. Et à la pauvreté en matières premières. Ainsi qu’au coût historique du transport maritime. Ou encore au changement climatique. Quand l’inattendu se produit, il met directement en lumière les maillons faibles de la chaîne de production de notre industrie hautement mondialisée. Et lorsque cette chaîne commence à se gripper, l’inflation menace sans délai.

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Disclaimer : Les informations contenues dans cette publication constituent un commentaire général sur la situation financière actuelle et ne doivent pas être considérées comme un conseil ou une recommandation concrète en matière de produits financiers.